Oh mer.. Le dragon fonce sur moi alors que j'essaie d'être discret.
Il ne m'a pas vu ? Si ?
Brrrhhh Shhh Shlash Krmmpfff
D'un coup, je ne sens plus rien... ou plutôt… je sens tout. Bouse de gob !
Le feu, la pierre, le sang, le choc. Le monde tourne, se renverse, m’arrache du sol comme si j’étais un champignon des cavernes.
Puis le mur arrive.
Ou peut‑être que c’est moi qui arrive sur le mur... J'sais pas.
Je traverse les planches comme un tonneau lancé par un troll.
J’entends le bois éclater ... ou alors c'était mes os ?!?
Je reste là, écrasé dans les débris, le souffle coupé, la bouche pleine de poussière et de sang.
Le dragon rugit au‑dessus de moi.
LA fin ? Non ! Pas encore. Bordel des collines.
Le rugissement me secoue ... mais je suis là ! Je veux me relever.
Je veux gueuler. Je veux lui planter Tranche‑Roc dans sa gueule pleine de dents.
Mais mes bras tremblent. Mes jambes ne répondent plus. Je sens qu'il ne va pas me lâcher.
C’est comme ça que je meurs ? Écrasé dans une maison, à moitié conscient, pendant qu’un lézard géant me finit ?
Non !
J’aurais préféré tomber en hurlant, debout, hache levée. Pas comme ça. Pas… comme ça.
Je vois flou. Le sang coule dans mes yeux.
Je distingue juste une masse rouge dans le ciel, qui tourne, qui cherche à me fondre dessus.
Je serre les dents. Je me lève pour entendre ... Tiens je vole ... j'avais oublié.
Un sifflement. Un trait de lumière.
Puis un autre. Encore.
Le dragon vacille. Il bat des ailes, perd de l’altitude.
Il tombe. Lourd. Très lourd.
Je cligne des yeux.
Je crois voir une silhouette au loin.
Une femme. Une aura. Que dis-je ... Une lumière.
Elwen Thorne.
Bien sûr que c’est elle. Elle a fait le boulot ! C'est dingue. Elle est belle quand elle se concentre.
Ses flèches bénies par son dieu... Elles brillent encore, même d’ici.
Ses sacrées flèches qui viennent de sauver ma peau burinée pleine de cicatrices.
Je voudrais crier un truc héroïque. Ou même juste un “merci”.
Mais tout ce qui sort, c’est un râle... ou un rot. Allez ... plutôt un demi‑grognement.