Essoufflée, échevelée, je déboule dans le salon le souffle court.
Dans l'état ou j'étais, je crois que j'aurais encore pu avaler des kilomètres, alors que pourtant, en l'instant présent, je suis hors d'haleine, ma poitrine se soulevant et s'abaissant à un rythme inquiétant.
Interdite, je regarde mon père.
Si j'avais eu encore le moindre doute sur ses sentiments à mon égard, ces derniers auraient volés en éclats.
Son état se passe de tout commentaire, laissant une idée précise ce ce que furent ses tourments en mon absence.
Le temps d'encaisser le choc, de retrouver mes esprits, ma respiration a déjà repris un rythme plus raisonnable.
J'ai peut-être maigri à cause d'Elpos, mais je peux aussi la remercier pour une forme physique que je n'avais jamais eu jusque-là.
— Non père, plus jamais je ne vous abandonnerai, pardonnez-moi de vous avoir tant fait souffrir.
Je me retiens de me jeter dessus en dépit de mes envies, ne voulant pas le forcer à afficher une faiblesse, qui j'en suis sûre le rebute.
Je me contente de lâcher la main d'Eric, pour me précipiter vers lui.
Je me laisse tomber à ses pieds, prend sa main que j'embrasse plus tendrement que je ne l'avais jamais fais, tandis que mes joues ruiselles.